142 salariés « bradés » pour l'euro symbolique

Publié le par Solidarité avec les Plysorol

La vente pour 1 euro de cette société de la Vienne met en scène deux hommes d'affaires rochelais. L'entreprise a été placée en redressement judiciaire.

 Buroform a déposé le bilan. Les salariés de cette entreprise qui a un savoir-faire et du travail ont manifesté contre la disparition programmée d'emplois. Photo DR
Buroform a déposé le bilan. Les salariés de cette entreprise qui a un savoir-faire et du travail ont manifesté contre la disparition programmée d'emplois. Photo DR

Mon premier s'appelle ***. Il dirigeait jusqu'en 2001 Fidef Ingénieries, un cabinet de gestion en patrimoine basé à La Rochelle. Il en était parti par la petite porte (1) avant de rebondir dans l'immobilier et l'hôtellerie en créant Evergroup. Il gère aujourd'hui 71 sociétés depuis son QG du château du Clavier, à Lagord.

 

Mon deuxième s'appelle Brice Noirault. Commerçant et franchiseur, il s'est fait connaître dans l'ameublement (Bois et Chiffons) avant de racheter en 2009 pour l'euro symbolique l'enseigne rochefortaise les Couleurs du Temps et sa dizaine de magasins en France. Tous ont été mis en liquidation judiciaire en juin dernier par le tribunal de commerce de La Rochelle.

 

Mon tout s'appelle Buroform. Cette PME familiale de menuiserie installée à Valdivienne (Vienne) vient de déposer le bilan. Et si tout ou partie de ses 142 salariés risque de se retrouver demain sur le pavé, *** et Brice Noirault pourraient ne pas y être étrangers. Explications.

A prix d'ami

 

Buroform s'est taillé une solide réputation dans la fabrication de meubles de bureau et de magasins. En 2008, son fondateur, Bernard Bruneau, 70 ans, décide de vendre l'entreprise à prix d'ami (2 400 euros) sous réserve que le repreneur perpétue l'activité et maintienne l'emploi. Ce sera ***. Le PDG d'Evergroup cherche un site de production de meubles pour sa (future) chaîne d'hôtels Révalis.

 

« Quelques mois plus tard, raconte un ex-cadre, M. *** a vendu les murs en « lease back » à une société de crédit-bail, Oséo, pour 2,4 millions d'euros. Il a expliqué avoir besoin de trésorerie pour développer les nouveaux produits. De la même façon, il a obtenu une aide financière de la Région (500 000 euros environ dont une partie a été versée) pour la formation du personnel. Mais la nouvelle production n'a jamais démarré. C'est un autre site d'Evergroup, dans les Landes, qui l'aurait récupérée. »

 

Où est passé l'argent ? Qui sera propriétaire des bâtiments au terme du crédit-bail ? Autant de questions que se posent les salariés. Plus une : comment Buroform a-t-il creusé un passif estimé aujourd'hui à 4 millions d'euros ?

Interdit de gestion

 

Le 17 septembre, le comité d'entreprise tombe des nues. *** l'informe qu'il vend l'entreprise… pour l'euro symbolique. Le nouveau patron est H & N, une SARL au capital de 1 000 euros dans laquelle on trouve Brice Noirault, son fils Damien, et un certain Germain Hanoy, le seul à avoir une expérience industrielle dans la menuiserie. Noirault père y apparaît comme « développeur commercial ». S'il n'est pas aux commandes, c'est qu'il est sous le coup d'une faillite personnelle prononcée le 7 janvier 2009 par le tribunal de commerce de La Roche-sur-Yon avec interdiction de gestion pendant quinze ans.

 

On notera que le trio s'était proposé au printemps pour reprendre Plysorol, leader européen du contreplaqué en okoumé, lâché par ses propriétaires chinois. Sans succès.

Redressement judiciaire

 

« Une vente en trois jours à trois inconnus qui n'offrent aucune garantie financière et dont le projet industriel tient sur deux pages, c'est plutôt farfelu ! », résume un ancien élu du comité d'entreprise. Avis partagé par le juge des référés du tribunal de Poitiers qui, dans une ordonnance du 17 novembre, a suspendu la transaction. Le juge s'étonne au passage du « manque de préparation de la cession » et du « manque total de transparence sur les raisons, les financements et l'évaluation concrète de la faisabilité des objectifs » des repreneurs. Dans le même temps, poursuivi en correctionnelle pour entrave au fonctionnement du comité d'entreprise, *** est condamné à une amende de 3 750 euros. Ce n'est pas fini. Buroform a depuis déposé le bilan. Un administrateur judiciaire a été nommé dont la première mesure, dit-on, a été de mettre à l'écart les Noirault. « Il y a urgence, s'inquiète Me Sylvie Martin, l'avocate des salariés. Voilà une entreprise qui a un savoir-faire, du travail, et qui risque de disparaître à cause de personnes dont l'intérêt ne semble pas être la poursuite de l'activité et le maintien de l'emploi. » La suppression de 25 postes est d'ores et déjà proposée.

 

(1) *** avait été mis en examen pour faux, usage de faux et fausses factures. Selon son avocat, François Drageon, la procédure s'est soldée par un non-lieu.

 

Source.

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Publié dans Presse

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D
<br /> Rapport d'abus : "des informations me concernant sont actuellement difusées sur votre site plysorolsolidarité alors quelle ne sont pas justifiée ces informations portent atteinte à ma réputation et<br /> ma vie privée".<br /> Comme vous l'aurez remarqué, l'article en question se trouve dans la rubrique "presse" dans laquelle sont publiés ce qui a été dit dans les médias, notamment la presse écrite concernant Plysorol et<br /> le combat des salarié(e)s. Tous les éléments ont une source dont le lien est mis à la fin de chaque publication.L'article en question est toujours publié sur le site du journal Sud-Ouest<br /> (http://www.sudouest.fr/2010/12/21/142-salaries-brades-pour-l-euro-symbolique-272193-1391.php). Si des éléments ont été publiés autres que ceux produits dans cet article, il vous suffit dans un<br /> commentaire d'en livrer le lien afin que chacun puisse en prendre connaissance.<br /> <br /> <br />
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S
<br /> j'en connait encore plus sur le reste des societes ever<br /> <br /> <br />
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