Plysorol : liquidateur et repreneur dos à dos
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La venue de Ghassan Bitar (au fond à côté de son avocat Me Doutreleau), ici lors de son arrivée à la sous-préfecture, était très attendue où les 151 licenciés de Plysorol sont en proie à l'incertitude de toucher leur prime de 20 000 € par salarié.Ouest-France
La venue très attendue de Ghassan Bitar à Lisieux a désamorcé l'animosité nourrie contre le repreneur. Les salariés ont saisi l'ouverture sociale pour relancer la bataille pour leur prime.
Souffle nouveau pour une liquidation
Tout avait bien commencé, hier matin. Très attendu, bien reçu. Ghassan Bitar a commencé par se rendre à l'usine rencontrer les salariés de Lisieux, avant de rejoindre le rendez-vous avec le sous-préfet et les élus en charge du dossier Plysorol. « M. Bitar vient apporter un nouveau souffle à une société liquidée, a souligné Me Doutreleau, avocat de Ghassan Bitar. Et donner des informations à des salariés laissés dans le silence depuis de longues semaines. »
Repreneur mais pas responsable du social
Sur le volet social, Me Doutreleau a renvoyé les salariés vers le liquidateur Me Beuzbosc : « M. Bitar n'est pas responsable des licenciements, pour preuve de sa bonne volonté à mettre de l'huile dans les rouages, il a abandonné une partie des terrains », estimés à 1,8 million d'euros pour améliorer le plan social. « À charge pour le liquidateur de les vendre. Si il y a quelque chose qui bloque, c'est avec lui qu'il faut voir. »
Le liquidateur en ligne de mire
Lassés d'être renvoyés du liquidateur vers le repreneur sur le point épineux de la prime de départ promise à 20 000 € par salarié, les Plysorol ont enfin eu la réponse qu'ils attendaient. « C'était important de rencontrer Ghassan Bitar et d'avoir enfin un semblant d'avenir, a souligné Édith Maunoury, déléguée syndicale. Pour le reste, il faut maintenant que le liquidateur y mette du sien. »
Bras de fer à la sous-préfecture
Invités à rencontrer le sous-préfet, mais éconduits de la réunion plénière du tout début de matinée, les représentants des salariés et leur avocate Me Élise Brandt ont saisi l'occasion de mobiliser leurs troupes sur l'avancée du volet social du dossier en décrétant le blocus des entrées de la sous-préfecture sur le champ... « On ne sait pas ce qu'ils cherchent ou ce qu'ils veulent magouiller dans le dos des salariés, a-t-elle souligné. Nous ne reviendrons que quand nous aurons des engagements sur l'indemnité transactionnelle. »
Sept heures de blocuset un rendez-vous
Négociations, médiations. À 15 h 30, tous les interlocuteurs pour une négociation du volet social étaient enfin réunis... Une délégation menée par l'avocate des salariés s'est donc rendue auprès du sous-préfet. À la sortie, à 17 h 30, l'objectif de la journée était atteint : rendez-vous au ministère, lundi prochain, à 16 h, avec un représentant national du fonds de garantie des salaires (AGS). Au 22e jour d'occupation de leur usine, les Plysorol affichent leur première victoire.
Anne BLANCHARD-LAIZÉ.